vendredi 26 mars 2010

B15- MSC Chronologie


De 1932 à 1965, le Mont-Sacré-Cœur fut occupé exclusivement par les frères de la province communautaire de St-Hyacinthe, devenue en 1948 la province de Granby. À compter de 1964, la communauté partage ses locaux d’abord avec les étudiants de l’École secondaire Meilleur de Granby puis, en 1974, avec le Collège Mont-Sacré-Cœur, corporation civile qui est propriétaire de l’ensemble de la propriété depuis le 1er juillet 2008.

Quelques dates mémorables

1902 Ouverture du Collège Sacré-Cœur à St-Hyacinthe par la communauté des Frères du Sacré-Cœur établie à Arthabaska depuis 1872.

1912 Formation de la province de St-Hyacinthe et occupation du Collège Sacré-Cœur comme maison mère de la nouvelle province.

1929 Achat à Granby par le frère Lucius, Provincial, d’un terrain de 117 hectares[i], au coût de 11.000$.

1930 Début des travaux de construction de la future maison mère.

1932 26 mai : déménagement de 235 frères et jeunes du Collège Sacré-Cœur de St-Hyacinthe au Mont-Sacré-Cœur à Granby.

1935 Réception et plantation de 2000 érables de la pépinière de Berthier.

1936 Érection de la grotte de Lourdes et du monument à St-Michel.

1937 Fin des travaux d’aménagement du côté du Juvénat : 2 terrains de croquet, 3 courts de tennis, jardins et champs de baseball.

1939 6 juin : plantation d’une croix du chemin au Noviciat
Consécration de l’autel de la chapelle du Noviciat.

1943 Installation de la statue de saint Christophe au pied du Mont-Sacré-Cœur.

1944 Début des travaux d’érection de l’arche d’entrée, don de la ville de Granby

1947 Installation de l’enseigne « Mont-Sacré-Cœur » en fer forgé.

1957 Ajout d’une salle de communauté pour les frères du Centre et d’un atelier de menuiserie.

1958 Aménagement d’une piscine à l’emplacement des jardins du Noviciat.

1963 Construction de garages pour six voitures entre la chapelle et le Juvénat.

1964 Déménagement des scolastiques au Scolasticat central (qui prendra par la suite le nom de Collège Marie-Victorin)
Transfert des Juvénistes dans l’aile du Scolasticat
Location de l’aile du Juvénat à l’École régionale Meilleur

1974 Déménagement du Noviciat à St-Anicet.
Location des ailes du Juvénat et du Noviciat à une institution privée d’enseignement secondaire appelée Collège Mont-Sacré-Cœur.

1987 Érection du gymnase attenant à l’aile du Juvénat.

1994 Exploitation du verger, de l’érablière et des cultures maraîchères par Gilles Messier.

2000 Érection de la salle Gérard Savaria qui comprend un gymnase aménageable en salle de banquet ou en salle de théâtre et une salle de musique à l’étage.

1988 Déménagement de l’administration provinciale sur la rue Fullum à Montréal.

2008 Vente du Mont-Sacré-Cœur à la corporation du Collège Mont-Sacré-Cœur.

2010 22 frères du Sacré-Cœur résident encore au Mont-Sacré-Cœur à titre de locataires.
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[i] 117 hectares = 289 acres et 548 verges carrées.

jeudi 25 mars 2010

B15-2 MSC Aménagement

Aménagement

Les travaux d’aménagement de la propriété sont pratiquement terminés en 1938. Ils ont été réalisés à « l’huile de bras » et de brouettes principalement par les novices et les scolastiques sous la direction successive des frères Christophe et Louis selon les plans préparés par les frères Valérius et Auguste.

Du côté du Juvénat, on a aménagé un grand terrain de balle (baseball) (3) pourvu de filets aux quatre coins de façon ce que tous les Juvénistes puissent y jouer en même temps. Au bout de ce terrain, une allée conduit au cimetière qui garde les restes du premier aumônier du Mont, M. l’Abbé E. Goulet, ceux des frères de la province de St-Hyacinthe/Granby et ceux de la province de Montréal qui y ont été transférés en 2002.

Toujours sur le côté Est de l’aile du Juvénat, on a préparé trois courts de tennis et deux jeux de croquet. Plus à gauche, un espace suffisamment grand pour loger 50 jardinets d’environ 8 pieds par 6 pieds.

Plus à l’Est encore, en bordure du cimetière et des jardins jusqu’à la route 112, un grand terrain est utilisé pour des cultures maraichères.

En façade, la route d’entrée sépare une érablière en bordure de la route 112 et plus haut, un grand verger (14) qui compte plus de mille pommiers.

Un peu à gauche, vers le côté Est, la résidence de l’aumônier (1) qui a été démolie en1965 lorsque le Juvénat fut transformé en école secondaire.

Au fond du verger, à l’orée de l’érablière on avait monté une superbe tour qui servait de glissade en skis ou en traîneaux.

Le terrain réservé au Scolasticat comprend une cour utilisée à l’été pour le jeu de drapeau et en hiver pour la patinoire, deux courts de tennis et un bosquet dédié à saint Joseph. Au-delà de ces espaces, à l’Ouest du verger, frère Clément, alors responsable du verger, avait planté une vigne et y entretenait une vingtaine de ruches.

Du côté du Noviciat, en plus de deux grands espaces aménagés en jardins et d’un grand champ de baseball (3), on a érigé une réplique de la grotte de Lourdes et un monument à St-Michel (10). À proximité du Noviciat, une cour plus petite logera la patinoire en hiver et deux jeux de drapeau utilisés dès la libération des neiges jusqu’à l’arrivée des premières neiges de novembre.

Entre la chapelle et le Noviciat, dans une partie de l’espace appelé «Les Buissonnets » on a dressé une serre qui a longtemps fourni le Mont en plantes annuelles.

Tous ces espaces sont découpés par des allées bordés d’érables et d’une grande variété de plates-bandes.

Au printemps 1937, le Mont-Sacré-Cœur recevait, des serres de la pépinière de Berthier, 2000 érables qui furent plantés en bordure décorative sur toute la propriété.

Les sueurs ont fertilisé le terrain, la gaité des ouvriers a fleuri mille couleurs, les érables ont grandi, les fondateurs ont quitté, la relève insouciante parcourt encore ses allées, le Mont-Sacré-Cœur, un temps de vie qui se prolonge et se renouvelle, souvenirs d’éternité pour ses résidents de tous les temps.

mercredi 24 mars 2010

15.3 - MSC Études

Pour une bonne vue d'ensemble des variations qu'ont connues les programmes d'études des frères cf. le Profil de Jean-Claude Éthier S.C.

lundi 22 mars 2010

15.4 MSC - ENSEIGNEMENT ET ÉTUDES CHEZ LES FRÈRES DU SACRÉ-COEUR

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Par Jean-Claude Éthier, S. C .
Profil

Si je plonge dans le passé et que je jette un regard sur la sorte d’enseignement que j’ai reçu et sur le parcours d’études qui a été mien, il saute aux yeux que les réalités instruction, éducation et formation qui m’ont marqué ont été singulièrement colorées par l’approche éducative et pédagogique des Frères du Sacré-Cœur. Cela surtout durant dix-sept ans.

En tout premier lieu, à la suite de cette constatation, j’aborde tout de go mon propre parcours en tant qu’élève à l’école élémentaire et à l’école secondaire.

Je suis arrivé au juvénat du Mont-Sacré-Cœur en soirée du 1er juillet 1943. À l’inscription officielle qui s’est faite le lendemain matin, le responsable décide de m’inscrire en 8e année.

L’année précédente, j’avais fréquenté l’école Samuel-Genest de la paroisse Saint-Charles d’Ottawa (municipalité d’Eastview). D’ailleurs, c’est à cette école que j’avais fait tout mon apprentissage scolaire, de la 1re à la 8e année. Et mon parcours a été pas mal tortueux. J’ai entrepris ma 1re année alors que je dépassais six ans et demi (caprice du règlement des inscriptions); j’ai doublé ma 2e année. La 3e et 4e année, je les ai faites en un an, de même que les 5e et 6e années. J’ai repris ma vitesse de croisière pour les 7e et 8e années : j’y ai mis simplement deux années régulières.

C’est en 3e année que j’ai connu les Frères du Sacré-Cœur; c’est sans doute grâce à l’excellent enseignant qu’était le frère R*** que j’ai pris les bouchées doubles au cours des années qui ont suivi. Le frère P***, qui m’a enseigné durant mes trois dernières années de mon cours primaire[1] à l’école Samuel-Genest, n’avait pas les qualités et le doigté pédagogique de l’instituteur-frère des années précédentes.

Tout cela pour dire que je n’ai pas été humilié de répéter ma 8e année à mon entrée au juvénat du Mont-Sacré-Cœur en cette année 1943; je sentais vaguement qu’il y avait des notions de base qu’il me fallait reprendre et approfondir.

D’ailleurs, c’était pratique habituelle pour les responsables du juvénat de faire répéter la 8e année aux jeunes venus de l’Ontario; on les trouvait plus faibles en français et en arithmétique que les jeunes venus des écoles du Québec.

Donc, j’ai fait mes 8e et 10e années au juvénat du Mont-Sacré-Cœur. Ma performance en 8e année a dû convaincre les autorités que je pouvais allègrement passer à la 10e année.

Quel programme d’études suivions-nous au juvénat du Mont-Sacré-Cœur?

Le cours classique offert dans les petits séminaires donnait accès à l’université. Le cours secondaire populaire, bâti pour les besoins de la cause, assurait un supplément d’instruction et de formation aux élèves des familles impécunieuses avant qu’ils ne se lancent dans le monde du travail. Cette situation contenait déjà en germe le combat qui va se livrer pour ouvrir par d’autres voies que le cours classique l’accès à l’université.

Le programme d’études au juvénat s’alignait de très près sur le cours secondaire que les frères organisaient dans les écoles publiques qu’ils dirigeaient et dans leurs collèges privés. Ce type de programme d’études secondaires avait commencé à se multiplier durant les années 1930, surtout chez les frères confinés jusque-là à exercer leur charge d’enseignants dans le système élémentaire des écoles publiques de jeunes garçons.

Au juvénat, nous trouvions, dans les grandes lignes, les matières suivantes au programme :
- le français (grammaire, orthographe, rédaction et stylistique)
- l’anglais
- l’arithmétique, l’algèbre et la géométrie
- la comptabilité
- la géographie
- le dessin
- les racines grecques et latines.

Durant les vacances d’été, on nous enseignait des matières dites collégiales qui consistaient en des éléments de géologie, de zoologie, de botanique et d’astronomie.

Il allait de soi que le climat général était fortement imprégné de la dimension religieuse : exercices religieux (prières diverses réparties tout au cours de la journée), messe quotidienne, vêpres le dimanche et les solennités, avertissement des défauts une fois la semaine (en même temps que l’on commentait notre rendement scolaire rigoureusement évalué), lecture de la vie des saints, du nécrologe (frères défunts) et de l’Imitation de Jésus-Christ au réfectoire, retraite annuelle, rencontre personnelle avec le directeur.

En classe, il y avait l’étude du catéchisme (8e) et de l’apologétique (10e).

Les activités, très bien organisées et animées, contribuaient également à notre formation «intégrale»; j’énumère celles dont je me souviens :
- chant et musique, liés aux célébrations religieuses, aux activités festives et récréatives;
- théâtre, saynètes et sketchs qui agrémentaient ce que nous appelions «nos soirées de famille»;
- sport et jeux d’une grande variété à l’extérieur sur les terrains de jeux ou à l’intérieur dans l’immense salle de récréation;
- l’entretien des pièces de la maison, du potager, du verger, de l’érablière, des pelouse, cela en plus du lavage de la vaisselle et du maintien de la propreté…

Il faut garder bien en vue que nous étions des aspirants, que l’instruction et la formation proposées devaient nous préparer à assumer notre responsabilité de «frères».

Le programme avait été rodé en conséquence.

À l’origine, lorsque les frères sont arrivés au Canada en 1872, ils ont ouvert un collège commercial privé à Arthabaska. A suivi la fondation d’autres collèges à Victoriaville, à Saint-Hyacinthe, à Montmagny, à La Pérade, à Granby, à Pointe-aux-Trembles (Roussin),à Woonsocket (Mont-Saint-Charles).

Concurremment, les frères ont de plus en plus pris charge d’écoles paroissiales (publiques) du niveau élémentaire.

En optant pour ce créneau – service envisagé dans une perspective évangélique et ecclésiale qui répondait bien aux besoins de la population, des parents – les frères se sont mis sur la voie d’une expansion exceptionnelle.

Mon hypothèse est que le programme d’études et formation au juvénat du Mont-Sacré-Cœur, tel que je l’ai connu de 1943 à 1945, héritait des orientations peaufinées à la longue et de l’expérience que les frères avaient accumulée aux cours des ans. Ce que ce programme transmettait, c’était leur mission, leur attachement profond pour cette catégorie d’enfants et de jeunes qui, sans eux, n’auraient pas tous les privilèges, tous les atouts, pour se préparer à leurs responsabilités de pères de famille, de citoyens et de chrétiens.

L’année 1945-1946 (d’août 1945 à août 1946), j’ai fait l’année canonique du noviciat. Au noviciat, nous laissions de côté les études profanes. Notre programme comprenait les matières religieuses suivantes :
- les Règles et les constitutions des Frères du Sacré-Cœur;
- le catéchisme des vœux;
- le manuel de perfection chrétienne;
- l’histoire de l’Église;
- la liturgie;
- l’initiation à l’oraison;
- des entretiens spirituels.

En guise de petite concession à l’univers profane : étude des règles élémentaires d’étiquette.

En août 1946, après trois et un mois de présence non-interrompue dans la maison du Mont-Sacré-Cœur, je «traverse» au scolasticat. Il faut rappeler que la grande maison du Mont-Sacré-Cœur de Granby avait quatre «quartiers» ou quatre «pavillons» : le juvénat, le noviciat, le scolasticat et le centre. Se déplacer de l’un à l’autre se disait : «traverser». C’était comme franchir une étape ou dans notre imagination aller vers une «terre promise».

Le scolasticat était aussi appelé école normale; il préparait les nouveaux profès à leur responsabilité d’enseignants. On y utilisait la terminologie suivante pour décrire les divers échelons à gravir pour atteindre le couronnement, c’est-à-dire l’obtention du brevet d’enseignement : complémentaire 1, complémentaire 2 et brevet supérieur.

Trois confrères ontariens et moi-même faisions bande à part; nous étions regroupés dans un local plus petit et désigné comme «boîte à beurre». Désignation pas mal surfaite, car notre salle de classe était plus que convenable.

En tant qu’Ontariens, quel programme suivions-nous? Ici, une fois de plus on peut admirer le talent de «brillants bricoleurs» des frères qui se manifestait dans le domaine des études. Nous suivions le programme du Middle School du ministère de l’éducation de l’Ontario, programme de 11e et 12e année. Par une espèce d’acrobatie, nous étions affiliés à l’école secondaire de Hawkesbury, en Ontario; le directeur de l’école était le cousin du frère Auguste qui avait été directeur du scolasticat durant neuf ans et qui était décédé l’année précédente. Par l’entremise de l’école secondaire de Hawkesbury, nous étions inscrits au programme du Middle School, nous subissions les examens du ministère et nous étions à même de recevoir un certificat officiel d’études secondaires de l’Ontario.

Voilà donc pour le contexte.

En août 1946, je commence ma 11e année du cours ontarien. Défilent les cours :
- français (composition, littérature)
- anglais (composition, littérature)
- histoire (ancienne, médiévale, moderne)
- latin (auteurs, version, thème)
- algèbre
- géométrie.

Après quelques mois de ce régime, je me mets à envier mes compagnons du Québec qui suivent le programme de l’École normale. Ils ont accès à des laboratoires tout neufs de physique et de chimie. Je rêve de me convertir en scientifique.

Je mûris alors un projet que j’expose candidement à notre maître des scolastiques, le frère Cyprien. Si je complétais mes études de Middle School (11e et 12e année) en un an, me serait-il permis de me joindre à mes confrères québécois durant ma deuxième année de scolasticat afin de suivre des cours de physique et de chimie et, pour faire bonne mesure, également des cours d’algèbre, car je me sens plutôt dépourvu de ce côté? Pour réussir à faire 11e et 12e année en un an, je précise au frère Cyprien comment je m’y prendrais. Je m’absenterais du cours de musique et des répétitions de chant où je ne fais péniblement que simple acte de présence. Je suis devenu une vraie carpe depuis la mue de ma voix : je ne chante plus. Pourquoi ne pas ne pas profiter de cette période et de mes temps libres pour parcourir seul, sans professeur, le programme de 12e année? Le frère maître bénit mon projet et j’en suis tout heureux.

De fait, en juin 1947, j’obtiens mon certificat de Middle School de l’école secondaire de Hawkesbury où je n’ai jamais mis les pieds.

Une surprise m’attendait le 15 août 1947.

Le 15 août était la date traditionnelle de la publication des nominations. Le provincial y proclamait les obédiences, comme on disait. J’étais nommé à 17 ans enseignant à l’école Saint-Paul d’Aylmer. Fini le rêve d’une superbe année d’études de «consolidation», comme je l’avais envisagé! Avec mon petit bagage, je prenais la route de la mission.

Mais, dès l’année suivante, en août 1948, je retournais en Ontario, dans ma province d’origine. J’étais nommé étudiant à l’École normale de l’Université d’Ottawa. Mon certificat d’études secondaires de l’Ontario m’autorisait à m’y inscrire pour faire face aux exigences et devenir enseignant dans les écoles élémentaires de la province.

La plupart de mes confrères ontariens, une fois obtenu leur certificat d’études secondaires de l’Ontario, poursuivaient leurs études universitaires par cours par correspondance, par cours du soir, par cours de fin de semaine, par cours d’été à l’Université d’Ottawa. Ils finissaient par accumuler le nombre de crédits requis (correspondant à quatre années d’étude) pour décrocher leur baccalauréat ès arts.

De mon côté, j’ai décidé de poursuivre au Québec ce que j’avais tout juste amorcé par mes cours et examens collégiaux. J’ai obtenu ainsi par études personnelles mon brevet supérieur bilingue du Département de l’Instruction publique. Par équivalences, certaines matières m’ont été créditées pour le baccalauréat ès arts de l’Université de Montréal. Toujours par études personnelles et par cours d’été, je me suis attaqué aux matières du programme telles que le thème latin, la version latine, la version grecque, les mathématiques, la logique et la morale, la métaphysique, la physique et la chimie.

En juin 1955, un baccalauréat ès arts de l’Université de Montréal m’était décerné.

Oui, je le reconnaissais, mon parcours avait été celui d’un amateur. Mon objectif était cependant atteint. Je m’étais raffiné; j’étais bien décidé à mettre un terme à ma manière cavalière et fantaisiste d’aborder les études.

Le directeur des études de l’époque (1955) me fit savoir que le supérieur provincial demandait que je m’inscrive à des études supérieures en latin (on avait besoin de professeurs de latin; le cours classique était introduit dans plusieurs de nos maisons de formation et dans des écoles secondaires). J’ai dès lors commencé à suivre des cours du soir en littérature latine à l’Université d’Ottawa. J’ai vite pris conscience qu’il y avait pas mal de «trous» dans mes connaissances. Je me suis donc enfermé dans ma chambre à l’été de 1956 et j’ai parcouru de façon systématique les six volumes d’exercices d’apprentissage du latin de Petitmangin, avec les corrigés, et j’ai mémorisé les règles de son manuel de grammaire.

En octobre 1958, je suis nommé étudiant à Rome pour suivre des cours de théologie à l’Institut de sciences religieuses Jesus Magister, de l’Université du Latran. Je reviens en Ontario avec un baccalauréat et une licence en août 1961.

Ma période romaine m’a permis d’approfondir et la culture latine et la langue latine. Je poursuis mes études à l’Université d’Ottawa par cours du soir et par cours d’été et j’y décroche une Maîtrise ès arts en littérature latine au printemps de l968.

L’autre volet de mes études, celui du professionnel, s’est fait par cours d’appoint, par cours de reclassification en particulier en français, en histoire, en latin, en Écriture sainte et en approches pédagogiques de diverses matières.

Je pense que ce parcours m’a transformé en étudiant éternel : je porte toujours des questions et un désir insatiable de savoir me dévore.

En annexe à ce bref récit de parcours personnel dans les études, je présente d’abord un tableau des étapes que les frères canadiens ont franchi dans le domaine des études.

Les frères du Sacré-Cœur sont arrivés au Canada en 1872. Ils dirigent un collège commercial à Arthabaska. Très tôt, il faut déterminer comment préparer et former une relève dans l’enseignement.[2]

1888 Un comité est mis sur pied pour créer et organiser un programme d’études pour assurer le perfectionnement des frères; il s’agit d’un programme qui fonctionne à l’interne.

1901 Le comité porte désormais le nom de direction des études.

1912 Des frères se munissent d’un brevet officiel décerné par le gouvernement provincial dans la province de Montréal.

1913 Des frères se munissent d’un brevet officiel décerné par le gouvernement provincial dans la province d’Arthabaska.

1917 Sept frères sont détenteurs d’un baccalauréat moderne (sans latin) dans la province de Montréal.

1919 Quelques frères sont détenteur d’un baccalauréat moderne (sans latin) dans la province d’Arthabaska.

1923 Dans la province d’Arthabaska, trois types de programmes sont clairement définis et proposés aux frères :

§ le programme de la congrégation elle-même
§ le programme du gouvernement du Québec
§ le programme d’études universitaires

1925 Le programme de l’École normale est instauré au scolasticat de la Maison Sacré-Cœur de Saint-Hyacinthe. (Province de Montréal)

1928-1929 Des frères suivent les cours du baccalauréat ès arts de l’Université Laval.

1932 Le programme de l’École normale est instauré au scolasticat de notre maison mère d’Arthabaska. (Province d’Arthabaska)


1940 Des frères suivent des cours de licence en lettres, de baccalauréat en pédagogie, de licence en pédagogie à l’Université de Montréal. Quelques-uns suivent également des cours de maîtrise ès arts, de maîtrise en psychologie, de doctorat en littérature canadienne-française (Ph D) à l’Université d’Ottawa.

1952 Des frères sont nommés aux études à temps plein.
Un bureau des études religieuses est mis sur pied.

1954 Des frères sont nommés pour des études en Europe.

Enfin, je note encore que la motivation profonde de l’orientation des études des frères par les responsables a été d’assurer la meilleure préparation à la mission qui leur était confiée auprès des enfants et des jeunes. On cherchait la compétence, la crédibilité et le rendement. De plus, des frères «visionnaires», si on peut dire, ont lutté pour que leurs élèves puissent aller plus loin dans leurs études, mettent en valeur leurs talents, réussissent. Certains frères ont mis leurs efforts pour créer un cours parallèle au traditionnel cours classique qui déboucherait sur l’accès à l’Université. Il y eut aussi des frères ont travaillé à «élargir» la clientèle du cours classique traditionnel, si je peux dire, qui en ont fait la promotion dans nos maisons de formation et dans certaines de nos écoles.

L’une comme l’autre initiative a eu un impact sur les études des frères et leur préparation professionnelle.

Jean-Claude Éthier, S.C.
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[1] L’école élémentaire, suivant en cela le système britannique, est de huit ans en Ontario.
[2] Les frères français qui sont venus au Canada ont gardé un douloureux souvenir des conséquences désastreuses de la loi de dissolution des communautés religieuses en France, en 1903. Ils avaient dû abandonner leur œuvre, leurs institutions. Arrivés au Canada, ils sont demeurés méfiants devant toute intervention de l’État dans leurs affaires. La réticence qu’ils avaient devant certaines relations ou communications officielles avec l’État s’est transmise à certains des premiers frères canadiens. Leur hésitation à se munir de brevets officiels se comprend dans ce contexte. La débrouillardise, l’autodidactisme seront la caractéristique de nos premiers frères.

dimanche 21 mars 2010

15.5 MSC La Voix du Mont-Sacré-Coeur

La Voix du Mont-Sacré-Cœur ?
Un éloquent TÉMOIN du passé
Publiée au Mont-Sacré-Cœur, ‘La Voix’ est surtout un album de famille qui relate la vie des frères du Sacré-Cœur de la province de St-Hyacinthe et plus particulièrement celle des communautés (Juvénat, Noviciat Scolasticat et Centre) qui ont habité le Mont de 1932 à 1968. La Voix publie aussi les chroniques et les autres communiqués qui lui sont envoyés par les frères de quelques autres provinces de l’Institut.

L’histoire de famille que rapporte ‘La Voix’ est coupée en deux temps. 1958 (quelle convergence éclairante et étonnante!), est la charnière de ces deux temps de son curriculum : ‘La Voix du Mont-Sacré-Cœur’ d’avant 1959 et ‘La Voix des Frères du Sacré-Cœur’ d’après 1958.

La Voix du Mont-Sacré-Cœur’ (de 1942 à 1958)
La Voix’ d’avant 59 semble surtout vouée à la promotion de l’esprit de famille et au maintien de la ferveur religieuse chez les frères de la province de St-Hyacinthe/Granby.

Agent de promotion de l’esprit de famille

Trois rubriques surtout servent à la promotion de l’esprit de famille : Les chroniques, les tableaux d’honneur et les rapports des différentes célébrations communautaires dont la fête annuelle des jubilés de vie religieuse.

Les chroniques

Pour les lecteurs moyens de ‘La Voix’, les chroniques étaient ce que les bandes dessinées la section des sports sont pour les lecteurs moyens de quotidiens, les premières pages lues et commentées. Le correspondant attitré de ‘La Voix’ dans les maisons de la province envoyait au bureau de ‘La Voix’ le journal de bord relatant les principaux événements du mois.
On y mettait ce qu’on voulait, naturellement ses bons coups et aussi les changements de personnel, les maladies, les promotions et les événements importants dans la paroisse où se trouvait l’école.

Le Mont y allait avec quatre chroniques. Le Centre donnait un compte rendu de ses récoltes et des améliorations qu'on apportait à la propriété. Le Juvénat, le Noviciat et le Scolasticat affichaient le programme de leurs fêtes respectives, les résultats de leurs matchs de hockey et de baseball etc. L'entrée de chaque nouveau juvéniste était notée dans la chronique du Juvénat, les activités de la Ligue missionnaire (LMES) dans celle du Scolasticat. Comme on fêtait beaucoup au Mont-Sacré-Cœur, ces chroniques étaient les mieux garnies.

La liste des obédiences paraissait aussi dans le numéro de septembre. Chaque déplacement de frères était connu. Ainsi, on savait ce qui se vivait dans toute la province. Quelle source d’information directe pour tout chercheur avide de connaître le passé !

Les tableaux d’honneur


La Voix’ affiche régulièrement les tableaux d’honneur sous forme de mention ou de rapport détaillé des résultats scolaires, des entrées au Juvénat, des offrandes spirituelles pour l’avancement de la cause du frère Polycarpe etc. J’y ai même vu un rapport détaillé, maison par maison, du nombre d’élèves qui portaient une médaille de la Vierge ou un scapulaire lors de la visite du frère Provincial…! De temps en temps, on y voit des statistiques sur la persévérance des frères, à partir de l’entrée au Juvénat jusqu’au jubilé d’or.

Les Jubilés
Les frères qui célèbrent leur jubilé d’or ont droit à une place de choix dans ‘La Voix’. On dresse pour chacun un élogieux curriculum vitae, on rapporte les allocutions qui ont été prononcées lors de cette fête et le programme de la fête. «On a donc bien fait de persévérer» répètent à cette occasion les plus humoristes d’entre eux.

‘La Voix’ mousse ainsi la réalisation de la première strophe de son chant de ralliement : « Animés de l’amour dont on s’aime entre frères… »

La Voix, un ferment de vie religieuse

Attiser la ferveur religieuse semble aussi l’une des plus importantes raisons d’être de ‘La Voix’. Son tisonnier s’agite de belle façon.

Les mots d’ordre
De 1942 à 1956, dès le premier numéro qui ouvre une année scolaire, presque sans discontinuité, le frère Provincial donne à ses frères un mot d’ordre qu’il explique longuement. Ce mot d’ordre est toujours de nature spirituelle. Quels qu’ils soient, ces mots d’ordre ressassent les bases de la vie religieuse et incitent les frères à être fidèles, persévérants et soumis à l’égard de Dieu, charitables envers les confrères et reconnaissants envers Dieu et la communauté pour la grâce de la vocation.

Ainsi voit-on apparaître successivement les mots d’ordre suivants qui, comme les agencements de lettres d’une soupe à l’alphabet ne changent guère la saveur du brouet. SOYONS COMPÉTENTS, COLLABORONS, ÉDIFIONS, SURNATURALISONS. ÊTRE JÉSUS PAR MARIE. Et quand la situation commence à se corser un peu, on voit apparaître MAINTENIR.

Je ne crois pas que ces mots d’ordre et leurs dilutions dans le cours de l’année, malgré la haute teneur spirituelle ou littéraire de leurs explications, se soient mérité une cote de lecture très élevée. Il semble cependant qu’ils ont procuré beaucoup de satisfactions et ont stimulé un peu la ferveur chez leurs auteurs. La fierté communautaire s’en trouvait aussi gonflée.

La Voix’ invitait les frères à écrire leur savoir, leurs expériences ou leurs réflexions sur toutes sortes d’aspects de la vie religieuse ou de la vie spirituelle. Chaque mois, on peut lire au moins deux écrits de cette catégorie dans chacune des publications de ‘La Voix’ de cette période. À la pige, on a relevé les titres suivants qui en eux-mêmes parlent éloquemment de la vie religieuse:

1942 Octobre : Vers les sommets - par l'obéissance et la pureté d'intention
1943 Juin : Le divin incompris et Compétence religieuse
1945 Déc. Paix sur la terre et le Noël de l’âme identifiée
1948 Nov. Vie intérieure et, de Madagascar : Une parole décisive de saint Mathieu.
1956 Sept. Sainte Marguerite-Marie, confidente du Sacré-Coeur et apôtre de sa dévotion
1957 Janv.-Fév. Il leur était soumis.

Ces écrits côtoyaient les « Billets du grand frère » et d’autres formes d’exhortation à vivre plus intensément sa vie religieuse.

Les écrits scientifiques et pédagogiques

De temps en temps, on publie surtout des trucs d’ordre pédagogique qui ont eu du succès auprès de leur auteur.
La pédagogie prend aussi la forme de conseils donnés par les vieux frères aux plus jeunes. On y trouve aussi quelques articles intéressants de science naturelle et une série de cours sur le chant grégorien donnés par le frère Richard.

Il n’y a aucune controverse dans ces écrits. Tout semble baigner dans l’huile d’une vie religieuse et professionnelle sans remous.

1958 Une année charnière
Que s’est-il passé? Quelles sont les nouvelles harmoniques de ‘La Voix’ ?

D’abord, 1958 doit avoir dans vos souvenirs des résonnances de changements et de contestations. Mai 58 !

En communauté aussi, car c’est l’année du chapitre général. On entend souffler entre les branches toutes sortes de rumeurs ou de desiderata de changements qui peuvent toucher même nos Règles et Constitutions. Dans l’album qui fait la rétrospective des cent ans d’annuaires de l’Institut, de 1906 à 2006, on commente ainsi la prise de position du chapitre de 1958 :
Des quelque 150 propositions soumises par les frères, l’assemblée en élimine la moitié et en étudie l’autre moitié en commissions puis en assemblée. Le frère Stanislas, secrétaire du chapitre, écrit : « Après la fin des travaux, il était clair que le chapitre avait retenu seulement les propositions à tendance conservatrice et avait rejeté presque tous les projets de nature innovatrice, comme l’adoption des noms civils, des changements à l’habit, des règles sur l’usage du tabac, les visites en famille et les vacances. (Extrait de : Annuaire de l’institut des Frères du Sacré-Cœur – 1906-2006 p. 132)

Cette première réaction conservatrice par rapport aux perspectives de changement apparaît dans ‘La Voix’ sous forme de controverse. Les plus anciens critiquent vertement toute promotion de renouvellement qui à leurs yeux semble discréditer le passé ou les traditions établies.

La Voix des Frères du Sacré-Cœur
Depuis 1956, on lisait dans ‘La Voix’ des articles signés par des frères rattachés à d’autres provinces communautaires du Canada, des États-Unis et même de l’Europe. Dès l’automne 1957, chacune des provinces canadiennes avait désigné son correspondant officiel à ‘La Voix’. Ce lui fut bénéfique à tel point qu’à l’automne 1959 le comité en charge, suite au dépouillement de l’enquête faite par le comité précédent, décide « d'élargir maintenant le nom lui-même de notre périodique en celui de 'LA VOIX DES FRERES DU SACRE-COEUR', pour le rendre plus conforme a la réalité. » "La Voix" s'imprime encore à Granby mais ses rubriques seront nourries de réflexions, d’expériences et d’opinions provenant de toutes les régions de l’Institut.

Dans ce premier numéro qui marque une nouvelle orientation, on voit paraître un article portant le titre de « Réflexions sur un monologue » qui est une contestation des opinions émises sur la formation académique des frères, exprimées dans l’article titré « Vacances 59 » signé par le frère Pierre-Arthur président du comité. La critique, toujours gantée de blanc, se fera de plus en plus régulière. Elle portera sur la formation académique et spirituelle des frères anciens et nouveaux, sur la pertinence de certaine règles et le besoin de réviser les règles et les constitutions pour mieux s'adapter à notre époque.

Les articles portant sur la vie religieuse prennent l’allure d’études à caractère plus théologique et biblique que spirituel.

La polémique a germé dans La Voix (Cf Juin 59 Sept 59). Du choc des idées jaillit la lumière. La Voix paraît alors comme un lieu d'échanges et de réflexions communautaires en vue d'une meilleure adaptation de sa vie et de son métier aux changements qui se pointent partout.

Autre changement plus tangible, on vit l’habituelle chronique qui relatait la petite histoire de chacune des maisons de la province se transformer en une chronique plus générale qui couvrait les hauts faits de chacune des provinces canadiennes. Cette extension fit baisser d’une coche l’intérêt des lecteurs pour les chroniques.

1962 L’année des grands changements
Cet automne-là, les collaborateurs de ‘La Voix’ , deux correspondants par province, tinrent à Champigny, leur "Lac-à-l’Épaule". Dans le compte rendu de cette rencontre, on lit une volonté très nette de modifier la teneur et la qualité des articles à être publiés dans ‘La Voix’. On n’a que faire, dit quelqu’un, «des exhortations religieuses qui n’éclairent rien ».

On souhaite aussi donner cours à la libre expression, souhaitant abolir toute forme de censure extérieure autre que celle que peuvent normalement exercer les membres du comité.

Pour donner à la revue un cadre plus rigoureux, on lui fixe des rubriques que l’on définit avec précision. Après discussions, on adopte le canevas suivant de ses grandes articulations:

VIE RELIGIEUSE qui grouperait tous les articles traitant de vie chrétienne en général, de vie religieuse proprement dite et aussi de la vie de l'Institut.
PROFESSIONNELLE: ce titre coifferait tous les écrits se rapportant à l'éducation, relatant des expériences intéressantes en ce domaine ou traitant d'aperçus nouveaux, de questions particulières ou d'événements significatifs pour notre profession.

ACTUALITES: Cette rubrique engloberait les chroniques et les relations commentées de faits importants de la vie de notre Institut: cinquantenaire de vie religieuse, décorations citations, distinctions etc..

INFORMATION: Nous classerons ici des recensions de livres pouvant intéresser les Frères, de brèves indications d'intérêt religieux ou professionnel, les décisions du Comité ou des collaborateurs de la revue. Cf. RAPPORT DE LA REUNION DES COLLABORATEURS ET DU COMITE DE "LA VOIX" Novembre 1962

Conformément aussi aux vœux formulés, on décida de choisir chaque année un thème particulier d’étude qui serait traité par une commission de spécialistes en la matière. La PERSÉVÉRANCE fut le thème adopté pour l’année en cours. Cf. La voix XXXVI v.5 Le frère x nous a quittés
Au mois de juin 62, un vent de panique avait en effet soufflé sur la communauté. Un nombre inhabituel de frères profès perpétuels avaient quitté la communauté. On avait qualifié ces départs de « débandade de juin ».
Les membres de la commission formée pour traiter du thème de la persévérance étaient très qualifiés et de grande réputation. Les articles publiés sous ce thème étaient aussi de haut calibre. De quoi éditer une étude traitant des principales dimensions théologique, biblique, sociale et professionnelle de la persévérance dans la vie religieuse. Mais ce ne fut pas suffisant pour arrêter la saignée des sécularisations.
Aucun traité sur la mort ne l’a jamais arrêtée. La persévérance, comme la vie, tire sa sève d’une autre source; les deux plongent leurs racines dans un ailleurs que la pensée ne peut suppléer. Le cœur a des raisons que la raison ne comprend pas toujours.

Le thème s’essouffla, faute de combattants. On le remplaça par une étude sur la formation. Une étude à vide, puisqu’il n’y avait plus de sujets à former. Le compte à rebours était commencé, le déclin amorcé. ‘La Voix’ allait être dans sa propre existence le témoin de ce déclin des communautés comme elle l’avait été de leur prodigieuse vitalité. Elle revint en 63-64 à sa fonction primitive, celle d’être la courroie de transmission des inspirations et des nouvelles qu’on lui transmettait et qui se faisaient de plus en plus rares.

De 64 à 66, on lui donne deux années sabbatiques. Moribonde, elle est transplantée au Scolasticat central en septembre 67. On la maintint sur la brèche à bout de bras. En juin 68, elle rendait l’âme. Son chant du cygne, un merveilleux poème de Jean-Paul Tessier qui nous ramène à l’essentiel, « l’unicum necessarium » ayant pour titre CE QU’IL ME FAUT.

Signe des temps ou vengeance du destin, son dernier écrit signé par frère Guy Brunelle S. C., au lieu de traiter de la vie religieuse, analyse le roman de Marie-Claire Blais « Une saison dans la vie d’Emmanuel".

‘La Voix’ qui a consacré toute son existence à la promotion de la vie religieuse divague-t-elle sur son lit d’agonie? Je cite :
« Jamais le roman ne m'oblige à condamner les Jésuites, les Frères, les orphelinats, la Confession ou la famille. Mais l'ironie, le sarcasme qui ont entouré ces sujets m’obligent à repenser "ma" société.
Le clan rural d'hier ne peut plus être aujourd'hui. Le perpétuer, c'est engendrer les maux que révèle d'une façon brutale peut-être, mais jamais malsaine, "Une saison dans la vie d'Emmanuel".
Les derniers mots écrits dans La Voix des Frères du Sacré-Cœur sont-ils prophétiques?
" C'est une invitation à nous
tourner résolument vers demain, à vivre une saison neuve avec Emmanuel
. »

samedi 20 mars 2010

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